Archive pour la Catégorie Deep House

Can u feel Esh?

Posté dans Électro, Deep House avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , le juin 14, 2010 par nwafouf

DJ SPRINKLES – Midtown 120 Blues (Mule Musiq, 2009)

Midtown120Blues

Tapote la pochette et fais un voeu

Tracklist

01. Midtown 120 Intro
02. Midtown 120 Blues
03. Ball’r (Madonna-Free Zone)
04. Brenda’s $20 Dilemma
05. House Music is Controllable Desire You Can Own
06. Sisters, I Don’t Know What This World Is Coming To
07. Reverse Rotation
08. Grand Central, Pt. I (Deep into the Bowel of House)
09. Grand Central, Pt. II (72 hrs. by Rail from Missouri)
10. The Occasional Feel-Good

L’album Midtown 120 Blues est paru en europe début 2009, un très beau projet deep-house signé par un certain Dj Sprinkles. À la première écoute, vous conviendrez que Dj Sprinkles ne doit pas être n’importe qui. L’album se caractérise par une house modérée parsemée de monologues dudit Sprinkles traitant de la house à ses origines et des samples de qualité évoquant les maîtres du genre Larry Levan, Larry Heard, Moodyman… Retour au début de la house, à ses confins dans les années 85-90, lorsque celle-ci se jouait dans les clubs gays, dans l’actuel quartier des affaires de Manhattan, Midtown. “House isn’t so much a sound as a situation“. Dj Sprinkles aka Terre Thaemlitz s’adresse aux nostalgiques du 120 bpm de cette période new-yorkaise.

“There must be a hundred records with voice-overs asking, “What is house?” The answer is always some greeting card bullshit about “life, love, happiness….” … House is not universal. House is hyper-specific … The contexts from which the deep house sound emerged are forgotten: sexual and gender crises, transgendered sex work, black market hormones, drug and alcohol addiction, loneliness, racism, HIV, ACT-UP, Tompkins Square Park, police brutality, queer-bashing, underpayment, unemployment and censorship—all at 120 beats per minute.” (Dj Sprinkles introducing Midtown 120 Blues)

Témoin du développement de la scène house de NY en tant qu’activiste queer, Terre Thaemlitz est récompensé par l’Underground Grammy du meilleur dj en 1991. Il ne cesse de remettre en cause les catégories et refuse de se cantonner à une seule étiquette : Terre est un intellectuel prolifique, artiste écrivain, compositeur, journaliste, producteur multi-média. Il fonde son propre label Comatonse et quitte New York pour Kawasaki où il enregistre Midtown 120 Blues, consacré meilleur album de l’année 2009 par le webzine electronic Resident Advisor. Pour l’aspect marketing de la diffusion, il préfère confier son opus au label japonais Mule Musiq et pour les mêmes raisons, il officie également sous le label français Skylax. Depuis quelques années, il préfère consacrer son temps à un très gros chantier audio-video intitulé Soulnessless.

Cet excellent remix par l’allemand Motor City Drum Ensemble du morceau Grand Central Part I (Deep Into The Bowel Of House) ci-dessus ne reflète pas la nostalgie qui émane de Midtown 120 Blues, au contraire il démontre que chacun des morceaux ambient de cet album plutôt contemplatif peut être détourné à la sauce clubbing. L’album est avant tout un tout, les boucles de piano et les bass enveloppantes créent une ambiance expérimentale electroacoustic de ce qu’est la house oldschool. En rendant obscure la différence entre performance humaine et composition digitale, Dj Sprinkles rend un très bel hommage au mouvement house.

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