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A Mix of Haitian Blrap Kreyol

Posté dans HipHop, World avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le mars 12, 2010 par nwafouf

REBEL RAP – A Mix of Haitian Rap Kreyol

Cover image courtesy of David Zentz / http://www.davidzentz.com

Tracklist

1 – Guerilla Sun – Veye Kow
2 – Chale Republic – Ti Ke
3 – Party Clan – Men Ti Tet
4 – Patriyot Clan feat. Ded Kra-Z – Mariwoz
5 – Devil Click – Pwentiw
6 – G. Bobby feat. Bon Flo – Gang Sa
7 – Envazyon feat. Aton & Ded Kra-Z – Tout Mon Sou Bras
8 – Anbasad Camp – Neg Sa Yo Will
9 – Mystik 703 – Kot Sa M Paka Di La
10 – Black Roro – Aba Kidnapin
11 – Barikad Crew – Toup Pou Yo
12 – Hatian Link – Ou Pap Rap
13 – Brimad- Chen Mechan
14 – Flip MCs feat. RockFam – Intro
15 – Mali feat. Shaolin, Lieutenant, Hayro – Metrizé tchad aw
16 – Mighty Squad Vs. Magic Klik 08
17 – Cash BM – Fe Bri

Dj Lamin, chroniqueur “reggae-grime-tropicale” au sein du label et webzine Dutty Artz, noyé dans la faune musicale new-yorkaise, est, qui plus est, un fin fouineur dénicheur de raretés que l’on ne pourrait soupçonner. Il est donc normal de trouver son nom sur Maddecent, le site du label fondé par Diplo.

Dj Still Life en a profité pour mixer quelques unes des trouvailles de l’ami Lamin afin de mettre en valeur le patrimoine artistique créole à l’heure où Haïti se relève des fléaux que vous lui connaissez.

Vous pouvez écouter le mix ici.

La spécialité de Lamin regroupe en effet le style hip hop créole, le zouk haitien et le compas ou « kompa ». Il n’y a pas que le reggae dans les Caraibes, le kompa est le son local de Haïti qui émerge dans les années 50. Il existe aussi de nombreux groupes de hip hop de haut niveau que ce soit à Haïti, en Guadeloupe ou à la Martinique. Avec des instrus d’inspiration principalement US voire dirtysouth, le rap créole n’a rien à envier à son voisin US et témoigne ainsi de son urbanisation.

Ce rap garde malgré tout son identité, “kreyol” signifiant “de chez nous”. Les lyrics sont aussi chantés en français et en anglais, et les lourdes bass côtoient les rythmes du kompa et du zouk. On peut donc entendre le rapper Black RORO chanter “Aba Kidnapin” sur l’instru Lollipop de Lil Wayne. Ou encore le très énervé Lieutenant Militant en featuring sur Metrizé Tchad Aw du martiniquais Mali :

Bonus track : Booba ft Riddla (971) – Mauvais Garcon

ESH 1 N 1

Posté dans Électro, Dancehall, HipHop, Oldiz, World avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , le janvier 26, 2010 par nwafouf

Esh 1 N 1 est une compilation hivernale qui vous accompagnera pour bien débuter l’année.
La playlist contient un mélange de nouveautés et de good oldies tout genre confondu.
Tracklist :

Barry Biggs – Work All Day
Holger Czukay – Persian Love
Freddie Gibbs – Hard Times
Pill ft. Freddie Gibbs – Run Up To Me
G-Side (Huntsville International) – Feel The …
Florence + the machine – Rabbit Heart (Leo Zero Remix)
Q No – Tanz Der Zuckerfee
Koudlam – See You All
Matias Aguayo – Walter Neff
Daniel Steinberg – All Of You
The Very Best – Nsokoto
BT (Brenda Taylor) – You Can’t Have Your Cake And It Eat Too (Greg Wilson Edit)
De La Soul – Transmitting Live From Mars
Nina Simone – Baltimore
Tocotronic – Pure Vernunft Darf Nielmals Siegen (Lawrence Remix)
Esh 1 N 1

1- Barry Biggs, Work all day (Dynamic Sounds, 1976)

Le soleil brûle sur ce tune de 1976. Le géant Barry Biggs se livre à une ode antilabeur. Le morceau parle de lui-même:

2- Holger Czukay, Persian Love (album Movies, Mute U.S., 1979)

Holger Czukay

Aux débuts de l’électro, Holger Czukay, du groupe Can, un pionner du sample, amateur de musique expérimentale, nous fait redécouvrir un chant traditionnel perse, enregistré lors d’une performance radio aux débuts des années 70 et remixé par cet allemand sur fond de musique des caraïbes. Holger Czukay est un précurseur, l’album Movies d’où provient Persian Love est sorti incognito en 1979 pour cause d’originalité.

Suivent gangsta Pill et gangsta Gibbs, les deux nouveaux qui font du rap parfait.

3- Freddy Gibbs, Hard Times (mixtape Live From Gary, Indiana, 2009)

4- Pill ft Freddy Gibbs, Run Up To Me (mixtape 4075 : The Refill, 2009)

5- G-Side, Feel the… (mixtape Hunstville International, Dj Burn One, Slow Motion Soundz, 2009)

Un morceau hip hop issu de la mixtape Huntsville International termine cette session rap. Feel The… juste des jeunes chiens avec un pure flow, les G-Side ft. 6 Tre Gangsta & AC, produit par The Block Beataz sur une instru samplant de nouveau ce Santa thème de casse-noisette.

6- Florence And The Machine – Rabbit Heart (Raise It Up) - Leo Zero remix (Universal Island Records, Moshi Moshi Records, 2009)

Florence and the Machine est un groupe de pop rock qui fleuri depuis quelques mois. Le morceau est remixé par Leo Zero, plus progressif et avec le savant mélange piano énervé + voix saccadée qui réussi si bien. Il n’a donc rien à voir avec le morceau composé par ladite Florence, fan des White Stripes, singeant dans son clip la Marie-Antoinette de Coppola : Leo Zero aime bien faire des edits de morceaux tendancieux.

7- Q_No, Tanz Der Zuckerfee (EP Tein, Ostwind Records, 2008)

Sur la galette Tein d’Ed Isar, 10ème LP chez Ostwind Records (Limited Edition), on peut trouver un morceau fantastique de Q_No. En 2008, Q_No était l’auteur d’un tube on ne peut plus joyeux noël. Tanz der zuckerfee est un conte de fée électronique sur le thème de casse-noisette. Imparable. Vous pouvez également jeter un oeil sur l’EP Achtein qui contient deux remixes de Tanz der zuckerfee concoctés pour l’hiver 2009 sur le même label.

8- Koudlam, See You All (album Goodbye, Pan European Recording, 2009)

écouter See You All
Koudlam, comme coup de lame, ne se serait pas fait un nom aussi rapidement sans l’aide du vidéaste Cyprien Gaillard.
Pour la réalisation de son film-opéra Desniansky Raion, Cyprien Gaillard, qui a un faible pour la froideur des vieux bâtiments soviétiques et le psychédélisme, fait appel à Koudlam sur la composition sonore. Une séquence d’une violence crue voit des hooligans russes s’affronter dans une cité. Filmée du haut d’un immeuble, la séquence devient le clip de See You All. Le choc des images réalistes qui y figurent créé un buzz et par la même occasion, le chant plaintif du poète français Koudlam et cette boucle folle de violons symphoniques s’imprégnent dans nos oreilles.

9- Matias Aguayo – Walter Neff (Total 10, Kompakt, 2009)

Single du germano chilien Matias Aguayo, sorti en décembre 2008 et présent sur la dernière compile du label Kompakt (Kompakt Total 10) sortie en décembre 2009, Walter Neff est une perle de pop électro sur laquelle on est obligé de battre la mesure (Walter Neff est aussi le personnage interprété par Fred MacMurray dans Double Indemnity, un mauvais bougre prêt à tuer pour femme et argent sans arriver à ses fins).
Aguayo créé un morceau avec des paroles vagues rappelant le film, sur un rythme pop rock et une mélodie simple à base de clappement de mains, de fredonnements et d’onomatopées en tout genre : un tube.

10- Daniel Steinberg, All Of You (EP All Of You, Overdrive, 2009)

All Of You est la bûche de cette saison. Daniel Steinberg nous met bien avec du son mongol fou furieux. Sorti il y a deux mois, le track tech house hypnotisant, doté de montées rappelant un rythme martelé, incite au déhanchement névrosé. Les djs Olibusta et Chef ont sorti cette galette bonus lors de la soirée Die Nacht et ne manqueront pas de vous la rappeler.

11- The Very Best – Nsokoto (Album Warm Heart Of Africa, 2009)

Morceau ennivrant samplant percussions sur ligne de basse, Nsokoto est composé par Esau Mwamwaya le chanteur de Very Best dont l’album Warm Heart Of Africa est présenté ici.

12- BT (Brenda Taylor) – You Can’t Have Your Cake And It Eat Too (Greg Wilson Edit, Volume 1, Tirk, 2005)


Le Dj producteur Greg Wilson peut aussi être considéré comme un pionner de la scène électro. Il a popularisé dans les années 80 l’edit en le poussant assez loin, devenant le 1er artiste UK à faire des mélanges.
La compilation Credit to Edit sorti en 2005 marque le retour de Greg Wilson, enchainant des edits de disco et de tubes improbables. En fusionnant la version vocale et la version instrumentale de ce tube disco de 82, You Can’t Have Your Cake And It Eat Too, il nous montre que les deux versions sont chacune indispensables. La sortie novembre dernier de Credit To Edit Volume 2 devrait en réjouir plus d’un puisqu’il regorge de perles notables. On retrouve entre autre le groupe 40 Thieves et son tube discohouse, sensuel à souhait, Don’t Turn it off.

13- De La Soul – Transmitting Live From Mars (Album Three Feet High and Rising, Tommy Boy Records, 1989)

Le premier album de De La Soul remet les pendules à l’heure. Transmitting Live From Mars rappelle la coupure qui s’est effectuée dans l’histoire du hip hop à la fin des années 80 lorsque le groupe et d’autres rappers du collectif Native Tongues rompaient avec l’attitude sérieuse du gangsterisme pour revendiquer le n’importe quoi dans la joie et la bonne humeur. De La Soul adhère par la suite à la bonne école hip hop, celle des gentils : le groupe pacifique Zulu Nation fondé par Afrika Bambaataa.

14- Nina Simone – Baltimore (Album Baltimore, CTI Records, RCA, 1978)

Baltimore est l’exemple du paradoxe d’une ville côtière ensoleillée connaissant pourtant un haut taux de criminalité, confirmant qu’il peut être dure de vivre n’importe où. La diva Simone est talentueuse dans tous les domaines, elle offre avec Baltimore un écho au Work All Day de Garry Biggs. Sa voix est ici magnifiée sur un rythme reggae, composé par Randy Newman, qui reflète l’étendue de son répertoire : sans limite.

15- Tocotronic – Pure Vernunft darf niemals siegen – Lawrence remix (Album The Best Of Tocotronic, L’Age d’Or, 2009)

Tocotronic est un groupe de rock qui débute en 93. En quelque sorte un Noir Désir allemand pour ses textes, qui chante sur ce titre que la raison pure ne doit jamais triompher. Pourquoi pas. Si les sonorités de la langue ne vous rebutent pas, vous pourriez aimer les paroles de Pure Vernunft Darf Niemals Siegen : “nous sommes si légers que nous volons”…
Le label Kompakt s’empare du texte de Tocotronic que l’on retrouve alors dans la compilation Total 6 sortie en 2005. Wolfgang Voigt et Superpitcher transforme un morceau pop rock en manifeste de la techno allemande dont le credo est “nous avons besoin de nouveaux mensonges”.
La même année Tocotronic sort un best of contenant également un remix de Pure Vernunft Darf Niemals Siegen, cette fois par le dj Lawrence alias Sten qui fait souvent des apparitions chez Kompakt. Le morceau est épuré et n’a rien à voir avec l’étouffant morceau minimal Teaser du même Lawrence. La mélodie est cette fois douce et contemplative, idéale pour refermer le volet Esh 1 N 1.

Les Trois Princes de Serendip

Posté dans World avec des tags , , , , , , , , , , , , le novembre 2, 2009 par nwafouf

The Very Best – “Warm Heart Of Africa”

Sortie le 26 octobre 2009 (Cooperative Music – Moshi Moshi Records)

Esau

Des styles de sons différents ont tendance à se mélanger sans complexe aujourd’hui. On observe l’émergence de groupes (Buraka Som Sistema, Konono n°1, Bonde do Role, Bablee, etc.) qui se distinguent autant par leur origine géographique que par leur genre musical : l’Angola avec le Kuduro, la Côte d’Ivoire avec le Coupé-décalé, le Bailé Funk brésilien, l’Argentine avec la Zizek, la Colombie avec le Cumbia digital, etc. Leur point commun étant l’effet de transe procuré par leurs mélodies répétitives. Le phénomène de globalisation nous permet d’enchainer un morceau au rythme brésilien ou africain ou les deux en même temps, avec un morceau riche en trompettes balcaniques sans que notre oreille crie garde. Certains y voient une nouvelle étape de la world music. Pourquoi pas.

On peut dire par exemple que le Cap-Vert, dont l’emplaçement stratégique pour le commerce maritime a facilité le mélange des genres, a préparé le terrain ; que Gilles Peterson ou Frédéric Galliano l’ont ratissés ; et que des dj producteurs, tel que Diplo avec son électro favela, l’ont dopé avec le bon engrais pour répondre à nos exigences, à nos corps en quête de danse.

Le trio de The Very Best, constitué des deux producteurs de Radioclit (le français Emmanuel Tron et le suédois Johan Karlberg) et du chanteur malawi Esau Mwamwaya, nous offre avec l’album Warm Heart Of Africa une bouture de qualité.

Le duo de Radioclit commence à se faire connaître dès 2004 avec des compilations en podcast mais surtout en produisant des artistes qui n’ont pas peur d’élargir leur répertoire : M.I.A., Marina de Bonde do Role, TV and The Radio… En 2007, Esau rejoint le duo et lui apporte cette voix puissante qui éclaire leurs productions et permet la constitution du groupe. Boostés par le magasine US The Fader, ils nous livrent fin 2008 trois titres, dont Kompopho si bien accueilli par le public qu’on le retrouve sur leur mixtape et sur l’album.

Tracklist:

01 Yalira

02 Chalo

03 Warm Heart Of Africa (Feat. Ezra Koenig)

04 Mwazi

05 Nsokoto

06 Angonde

07 Julia

08 Mfumu

09 Ntende Uli

10 Rain Dance (Feat. M.I.A.)

11 Kamphopo (With Intro)

12 Kada Manja

13 Zam’dziko

Radioclit est avant tout spécialisé dans la production de rythme afrobeat, de trance tropicale et de lourds beats hip hop ou tout simplement pop. Ils organisent à Londres les soirées Secousse qui sont, aux dires de Tron : “Des soirées tropicales ambiance bal populaire martiniquais”.

Leur dernière production qui porte le même nom que leurs soirées Secousse les caractérise assez bien : Radioclit – Secousse (Original Mix) et le Mumdance remix sur la face B fera obligatoirement danser votre maman.

Cependant, il n’y a aucun rapport entre le style de Secousse et le style de l’album Warm Heart of Africa. À l’écoute de l’album, c’est la jeunesse de la formation qui étonne : d’une qualité indéniable, cette production est cohérente du début à la fin. Avec une dizaine de morceaux aux noms imprononçables, il n’y a aucune faute jusque dans le choix de la répartition des tubes.

On commence avec Yalira qui est parfait pour introduire au voyage, le deuxième track Chalo avec son clavier 90′s est un clin d’oeil à Phil Collins. Puis le titre éponyme Warm Heart of Africa aux sonorités marquées Caraïbes, chanté par le leader du groupe Vampire Weekend, ravive les esprits : nous écoutons The Very Best. Le tube tout aussi très Caraïbes, Rain Dance avec M.I.A. et le tube Kampopho ont été placé en fin de liste toujours dans le même but. Nsokoto, très si-si avec son rythme effreiné de percus surpuissantes que rien n’arrête, homogénise parfaitement l’album.

The Very Best – Nsokoto

En tant qu’album parfait, on s’attend plus à ce que Warm Heart of Africa soit l’oeuvre d’une personne accomplie, d’un nomade de la musique. On repense à Graceland, l’album produit par Paul Simon en 1986 lorsque celui-ci partait se retrouver en Afrique. En tant qu’album pouvant toucher le grand public, Warm Heart of Africa pourrait tout aussi bien être l’oeuvre d’une armée de producteurs aux dents longues, capable de rivaliser avec la b.o. du Roi Lion. Pourtant ce n’est pas le cas à en juger par le peu de moyens du groupe au travail :

La musique World a toujours été l’objet de différents débats à la fois sur les termes (il est vrai que parler de world music est particulièrement moche tout comme parler de musique mondiale industrielle) et sur les thèmes (on retrouve souvent celui de la résurgence d’un passé colonnial encore trop présent mais c’est aller beaucoup trop loin dans l’interprétation).

La musique World symbolise aussi le paradoxe entre la dimension de mondialisation rentrée dans les moeurs (avec Internet, les voyages…) et la tentation communautariste. En effet, l’enracinement avec le respect des traditions musicales est un refuge, une protection contre les chocs mondiaux que l’on reçoit à haute dose. Heureusement, la nouvelle génération place la world music à un autre niveau : la world music, ou la musique tout court, redéfinie comme carrefour d’échange et dont Warm Heart of Africa en est l’illustre exemple.

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